Trilogie des directissimes, 19 décembre 2005




Temps moyen ce matin, nous gérâmes encore nos affaires, Dod son matériel et moi les relations avec les instances locales. L'après-midi nous avons décidé de faire un début de portage vers l'Eiger, déplaçant (plutôt que portant, le terme est plus approprié tellement nous étions assommés par la charge) deux sacs de hissage remplis jusqu'à la gueule. Demain, si la météo est bonne, ou disons acceptable, Dod partira de Grindelwald vers la face pour bivouaquer au pied. De mon coté je remonterai en train à la Kleine Scheidegg avec un sac supplémentaire, et nous démarrerons ensemble avec Dod qui m'aura rejoint sur le trajet les allers retours vers le pied de la face.

Habituellement l'accès vers la face se fait de la station de train "Eigergletscher", façon de faire avantageuse puisque par gravité en longeant le pied des rochers il est facile de rejoindre l'attaque de la voie. Mais cette année, aprés l'épisode de vent intense des jours précedents, il est tout à fait proscrit de procéder de la sorte. Ainsi, nous devons, depuis Kleine Scheidegg, descendre un peu vers Grindelwald pour remonter vers la face plus ou moins directement.

Dod, quand à lui, pour ce que l'on peut appeler une tentative, montera, comme il est déjà dit plus haut, en ski de randonnée depuis Grindelwald même.

Dod, tu as l'air "surguronsé" (exceptionnellement motivé, en français ) devant cette face nord :

Ah bon??? C'est vrai que cette face a vraiment de la gueule, avec l'ambiance hivernale des lieux ( doux euphémisme), ça rajoute. Je suis toujours motivé par les grands voyages dans les faces, et la Ghilini-Piola, même si elle ne sort pas directement au sommet, emprunte des zones p... raides de L'Eiger! Bon quand est-ce que j'pars?

Quels vont être les problèmes techniques que tu penses rencontrer dans cette face ?

En hiver, ce ne sont pas forcément les endroits les plus techniques qui posent le plus de problèmes, mais souvent des zones moins raides où la neige accroche le rocher; il faut alors jouer de la balayette et progresser lentement. Le socle, qui en été, est très facile, est actuellement recouvert d'une neige pulvérulente qui ne rendra pas l'ascension évidente... Il ne faut pas oublier qu'une hivernale rocheuse reste toujours très exigeante.

Tu vas coucher dans un portaledge, qui est une sorte de tente à armatures rigides que l'on fixe à la paroi, dans laquelle il est ainsi possible de ménager un espace plat de un peu plus de 2 metres carrés. La vie y est-elle facile ?

Disons qu'à défaut d'être facile, elle sera belle: vue imprenable, pas de problèmes d'évacuation des eaux usées, et les voisins sont pas bruyants....

Plus concrètement vivre suspendu demande une rigueur de tous les instants: tout doit être accroché, du réchaud jusqu'à la cuillère en passant par les chaussures. Faire fondre de la neige recueillie dans un grand sac, pisser dans une bouteille, dormir attaché etc... font partie du quotidien des voyageurs ( peu nombreux!) des faces Nords.

 

 

Un clic pour voir en grand !
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Dod dans le train de
la petite Scheidegg.

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Lieu mythique :
Kleine Scheidegg.

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Ca c'est du sac !
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Ouf, du repos.
La face nord
est juste
derrière nous.

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