Trilogie des directissimes, 18 décembre 2005


Ce matin, quelques brumes tenaces lèchent les murailles de l'Oberland. L'Eiger se voile dans un drap de nuées, alors que, plus au nord, sur les plateaux suisses, le soleil s'apprête à inonder de lumière la journée à venir.
Cette première journée d'action en extérieur doit nous permettre de reconnaitre l'itinéraire que va emprunter Dod pour gagner le pied de la face lors de sa tentative. De nombreuses questions devront obtenir des réponses, comme l'accès au pied, la possibilité de bivouac et l'état du socle.

Nous remontons donc les vallons boisés et garnis de chalets typiques sous Alpiglen, empruntant parfois des pistes de ski, où même des pistes de luge damées. Nous quittons ce monde sécurisé peu avant la Kleine Scheidegg. Nos skis de randonnée tracent maintenant un sillon ondulant dans les combes du pied de l'Eiger. Nos ARVA sont en émission et ... nos sens en éveil, car avec le vent de ces dernières vingt-quatre heures, la montagne présente un visage peu accueillant. Les crêtes morainiques sont dénudées, les vallons bien blancs... Il est évident que la neige arrachée aux arêtes s'est accumulée dans les combes. Nous restons aux aguets, suivant le relief du terrain, et avec reflexion évitons les bases de contrepentes raides en prenant le large sur les replats. Bonne option, car après quelques temps nous déclenchons à distance une petite plaque anodine, mais sous laquelle il valait mieux éviter de se trouver.
Plus haut, c'est à plus de 500 metres de distance que nous déclenchons une pente à la base de la partie droite de la paroi ...
H eureusement, l'accès au pied du socle de la face nord présente une succession de petite crêtes très protégées, et nous découvrons alors un spectacle exceptionnel. Le glacier du pied de la face nord est en décomposition totale et il n'en reste qu'une pente de 100 mètres de haut, percée ça et là de tunnels empruntés et entretenus par les eaux de fonte estivales issues de la paroi.
C'est dans une de ces cavités que nous arrêtons, plutôt frigorifiés. Le spectacle est exceptionnel. Ce lieu pourrait constituer un excellent point de bivouac pour Dod au pied du socle, qui risque de poser quelques problèmes.
Retour à Grindelwald dans l'après-midi, après cette montée substantielle de 1400 m. ( quand même !), par une descente agrementée de quelques belles courbes dans une "peuf" glaciale.

***

Redécouvrir l'hiver - c'est marrant, on monte pourtant bien à skis et je ne sue toujours pas-

Redécouvrir le monde sévère des faces Nords - là tu verras toujours le soleil: en face de toi!

Redécouvrir le froid - pas de doute, les chaufferettes vont reprendre du service

Se redécouvrir ( mais n'était-ce pas une évidence?) petit... mais pas faible?

La face est raide et haute, le socle bien plâtrée, bref tous les ingrédients d'une grande hivernale sont là, comme on les aime par chez nous.... Pas vrai?

Un clic pour voir en grand !
Un clic pour voir en grand !
Un clic pour voir en grand !
Un clic pour voir en grand !
Dod découvre
l'Eiger qui se libère
de ses nuages
matinaux.

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La face nord de
l'Eiger. Au pied, la
ligne ferroviaire
Grindelwald-Kleine
Scheiddeg.

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La face nord vue
depuis l'intérieur
d'une des grottes de
glace.

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Au pied de la face
nord. La Ghilini
Piola remonte le mur
raide au centre de la
photo.

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Un clic pour voir en grand !
Le Wetterhorn au
soleil coucahnt.

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