John Harlin
résida de nombreuses années en Irlande et en France, suivant
les déplacements professionnels de son père qui travaille
alors à la "Transworld Airlines". John découvre
l'alpinisme à 18 ans en compagnie de Jon Lindbergh, qui était
tout simplement le fils de l'aviateur Lindbergh ( le premier à
franchir l'Atlantique par la voie des airs à bord du "Spirit
of Saint Louis"). John Harlin marqua rapidement un goût prononcé
pour l'Eiger puisque deux ans après ses débuts en alpinisme
il tentait, sans succès, la face nord classique. A vingt ans,
il escalade le versant nord du Cervin.
Il s'enrôla dans US Air Force en 1957, et à l'issue de
sa formation de pilote dont il sortit major, il choisit une affectation
en Allemagne pour se rapprocher des Alpes. Chaque week-end il partait
en montagne, et il surmonta la face nord de l'Eiger par la voie classique
en 1962. Il quitta alors le corps militaire pour devenir instructeur
d'alpinisme à Leysin, en Suisse.
Il était alors au sommet de son art, et son nom reste gravé
dans trois premières, la face sud du Fou, le pilier dérobé
du Freney au Mont-Blanc, et la fameuse directissime américaine
à la face ouest du petit Dru. John Harlin était doué
dans tous les domaines qu'il abordait, il était doté d'un
physique d'athlète et il sentait son corps débordé
par la joie dans l'effort, aussi dur soit-il. Enfin, et ses nombreux
voyages ont dû l'y aider, il avait une profonde idée de
l'internationalisme dans sa pratique de l'alpinisme. Il lui semblait
que les cordées internationales ouvraient la voie aux réconciliations
entre les peuples et au maintien de la paix. Il n'est pas loin de s'associer
à Peter Haag en 1965 pour faire une tentative pour ouvrir une
directe à l'Eiger, mais il n'ont pas les mêmes conceptions
des moyens à mettre en oeuvre pendant l'ascension.
Pour la directe à l'Eiger, John Harlin fit cordée commune
avec Layton Kor, un collosse américain de 1m 93, et Dougal Haston,
un alpiniste britannique hors pair. Chris Bonington fut également
souvent présent, avec une mission essentiellement photographique,
jusqu'au bivouac de la mort. Don Whillans participa également,
de près ou de loin, à l'aventure. Dougal Haston et John
Harlin se retrouvent fin Janvier 1966 et échafaudèrent
leur projet, photos à l'appui. Le 2 Février, en compagnie
de Layton Kor ils firent un vol de reconnaissance en hélicoptère
de la face nord, au plus près. Ils furent impressionnés
par l'ampleur de la face mais restèrent optimistes; ce vol leur
permit de trouver le passage-clé au dessus du bivouac de la mort.
Leur optimisme était tel que leur projet d'origine était
de gravir la face en style alpin, c'est-à-dire en bivouaquant
au fur et à mesure de leur progression, en hissant leurs sacs
et sans pose de cordes fixes ou de retour dans la vallée. |
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