Les voies directes se concentrent sous le sommet, et les alpinistes se désintéressent
du fantastique mur vertical (voire surplombant...) à droite de la paroi
pendant des années.
Dans cette zone, il n'est plus du tout question de considérer la face
de l'Eiger,"l'Eigernordwand", comme une course glaciaire...
Les Tchèques se frottent à l'affaire en 1976, mais il revient
à la cordée Ghilini-Piola en 1983 (25 au 30 juillet exactement)
la paternité d'une véritable voie directe dans la partie la plus
raide de la paroi, dans le raide pilier de l'ouest de la face. Certes l'itinéraire
ne sort pas exactement au sommet, mais il est d'une audace considérable
et reste à ce jour non réalisé en hiver par un solitaire.
La voie débute à droite du trou du voleur, le Stollenloch,
qui constitue un bon point d'appui pour bivouaquer. Elle remonte la partie droite
de la Rote Fluh pour filer directement à la crête ouest de l'Eiger.
La paroi est raide, la descente problématique. Michel Piola y a rencontré
des difficultés qu'il n'a pas retrouvé ailleurs, dans une voie
soutenue, aux nombreux passages sur crochets en artif, et un rocher d'une qualité
rare dans ces parages... Le pilier au dessus de la Rote Fluh est déversant
entre R15 et R22, les difficultés données par Michel Piola sont
6b / A4.