Zone 3 : Du Col des Rouies à la breche de l'Olan.

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LES ROUIES
LA MAFIA

-Carte de la zone 2. Dernière mise à jour du tracé le 26 Mai 2004.
-Coup de téléphone de Dod depuis le refuge de la Pilatte, 20 Mai au soir.
-Les Rouies, la Mafia

 


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LES ROUIES, face sud, voie "la Mafia"..

La Mafia : ouverture par JLou et Bernard Botta, Franck Grand et Joël Vincent en été 1982, 800 m. d'escalade dont 400 dans une face raide.

Entretien avec Jean Lou Botta, Guide de haute montagne et co-ouvreur de la voie "La Mafia". Avril 2004.

Jean Lou, retraces nous ton parcours :
Jean Lou Botta : Avant d'arriver à la Mafia,je ne preparais pas l'aspi, je faisais de la montagne et du ski de fond, en compétition. Je faisais beaucoup de montagne avec mon frere et pour moi, c'était toujours un entrainement pour l'hiver. Je travaillais trés peu car je faisais beaucoup de courses; mon frangin, qui était guide, m'as dis "il faut que t'ailles passer l'aspi" et je me suis mis là dedans : je n'ais pas fait de la montagne pour passer l'aspi, mais j'ai passé l'aspi parce que je faisais de la montagne ! Cela m'a plut, et à la sortie du stage d'été d'aspi, je suis allé à la face sud des Rouies.

Tu dis "à la face sud des Rouies", ce n'était donc pas encore "la Mafia". Pourquoi ce nom par la suite ?
Jean Lou Botta : Cette face, c'est toute une histoire de famille Vincent en fait ! Ils avaient déjà tracé deux itinéraires là dedans, c'était le troisième...

La face était un peu "chasse gardée" ?
Jean Lou Botta : C'était une histoire de famille, mais c'était aussi entre nous, et à chaque fois que l'on voulu amener quelqu'un d'autre pour nous aider, pour le plaisir de venir ouvrir, les gens trouvaient cela austère. Pour beaucoup, ça impressionnait. Mais depuis cela a été refait quelquefois.

Il y a eu plusieurs tentatives ?
Jean Lou Botta : On s'est embarqués la-dedans,le plus vieux c'était Bernard, mon frère, au début, aprés il a laissé tomber : mais il a ouvert une belle longueur cet animal ! Pas la plus dure, mais pas loin...Et aprés on y est retourné avec Joêl qui lui était vraiment un fort grimpeur.

Donc à la première tentative vous êtes montés assez haut ?
Jean Lou Botta : Oui, on est montés jusqu'à la première longueur difficile, au dessus de la vire. Bernard a fait la première longueur, et puis la fois d'aprés on a continué. Mais quand on est redeceedus du haut de la première longueur, on était mal ! Ca surplombait de partout ! Même pour monter, moi j'étais au jumar derrière et à l'époque on avait pas vraiment l'habitude, et quand il a fallu se laisser partir...

voir le topo en pleine page

Le dessin d'époque de la voie par Jean Lou Botta lui-même.

Deux images prises lors d'une tentative : Joël Vincent.
Photos Jean Lou Botta.

C'était difficile ?
Jean Lou Botta : Pour moi techniquement c'était trop dur, je n'étais pas fort grimpeur, mais au niveau de l'engagement c'était raisonnable.

Le jour de la première : Joël Vincent. Photo JL Botta.

Et la suite ?
Jean Lou Botta : Voilà, on est revenus au mois de Septembre, on était trois avec Franck Grand, qui est devenu guide aussi aprés, Joêl et moi.

Malgré ces tentatives qui fait une ouverture en plusieurs fois, on reste dans un alpinisme de style classique ?
Jean Lou Botta :
Tout à fait. Joêl a mis un spit dans le haut, le rocher est trés compact. Mais comme cela n'allait pas assez vite, on ne l'as pas planté completement
!

On est donc bien dans l'état d'esprit de l'époque, ce n'est pas une "voie moderne"!
Jean Lou Botta :
Il est vrai que l'idée, c'était de chercher la difficulté, mais coté équipement, on a vraiment laissé ce que l'on ne pouvait pas enlever. L'idée c'était l'ouverture, mais pas dans un état d'esprit de répétition.

Vous avez quand même innové par votre légereté ?
Jean Lou Botta :
Oui, on avait pas de sac...on avait un gros bidon que l'on tirait, des crampons sur les baskets. On voulait passer dans la journée . Sauf que pour l'ultime tentative vers le sommet, on ne les avait pas, les crampons !! On est arrivés en haut le soir, il faisait nuit.

Il y a une anecdote quand à la fin de cette aventure ...
Jean Lou Botta :
Le matin on était coincés dans le couloir parce que la neige était dure ! On a été obligés de tirer des rappels dans le couloir de la voie normale des Rouies le matin. A la descente, l'usage dans notre cordée commune avec Joël, c'était que je descendais toujours le premier en rappel. Là il nous a dit que cela le faisait chier que l'on descende toujours les premiers ! Mais comme en fait ce n'était pas raide il y avait un sac de cordes pas possible !

Parlons du métier de guide dans le Valgaudemar :
Jean Lou Botta :
C'est un massif que j'aime bien, le valgau c'est sympa, c'est pas haut mais c'est des belles montagnes. L'an passé j'ai fait la traversée des arêtes du Sirac, cela fait partie des jolies choses de l'Oisans. Il y a vraiment des jolies choses à faire. Ce qui est décevant, c'est qu'il n'y ait personne !

Cela ne dois donc pas être facile d'exercer ce métier de guide là bas ?
Jean Lou Botta :
Oui, le bureau des guides en souffre. Tout tombe à l'eau, alors que les refuges sont bas, ils sont sympa, pas fatigants d'accés; mais ça manque de courses de neige, certainement...Il y a beaucoup de randonneurs mais pas beaucoup d'alpinistes. C'est etonnant que dans une vallée comme cela il n'y ait plus de guides qui s'installent Au sommet du Sirac, il y a peu de traces ! C'est vraiment dommage, ce sont de si belles montagnes !

Revenons à la skyline. Te semble t'il logique d'incorporer cette voie à ce projet ?
Jean Lou Botta :
C'est un peu décousu d'aller grimper dans une face sud aprés les arêtes ( rires )...Cela leur fera une séance d'escalade !. Mais il faut bien patir du bas et non comme certains topo le conseillent, de traverser depuis la Rébuffat.

Le jour de la première : Franck Grand. Photo JL Botta.

Et un commentaire au sujet de ce projet de Skyline ?
Jean Lou Botta :
Trés belle histoire ! C'est bien , il faut oser. Le risque, il faut avoir le moral, c'est de ne pas changer de projet en cours de route, on saute ça, on saute ça... En 82, un jour on était sur une tentative pour la face sud, on couchait au refuge et il pleuvait; on voyait une lampe au sommet du couloir des Rouies, c'était Audoubert qui arrivait de sa traversée. Il a couché au pied du couloir des Rouies et il en a eu marre, il a tout plié. Mais c'est tentant ces arêtes de l'Oisans. Je ferais bien un bout avec eux...

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Guillaume Christian Guide de haute montagne Moniteur de ski
2 rue du génépi F-05120 L'Argentière la Bessée