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Fiche technique

L'ECRIN-LE TOURNAGE
Budget oblige (encore, encore le budget...), le tournage allait être éclair. C'était un pari audacieux que seul nous permettait une confiance aveugle dans le climat haut alpin qui ne fait normalement pas défaut : 300 jours de soleil par an à Briançon, cela laisse de l'espoir.

Pourquoi "budget oblige" ? Chaque journée de tournage coûte, il faut rémunerer l'équipe technique, cadreurs, ingénieur du son, et les acteurs. Michel a pris sur son temps de congé, et il n'est pas salarié, donc, bien sûr, pas de congés payés. Gilles et Alain, guides, ont du sacrifier du travail, une clientèle, pour se liberer, et il eu fallut faire miroiter de beaux cachets pour les "reserver" pendant un mois.

Il faut savoir qu'une minute de film demande une journée de tournage (un peu moins en numérique). Le film flirtant avec l'heure, le calcul est simple. Nous devions envisager 60 jours. L'audace du débutant, l'engagement dont nous sommes peut être familiers, les grands défis, nous ont fait envisager 12 jours de tournage à partir du lundi 18 août 2008. Aprés 10 jours dont un destiné au repos, tout était bouclé, ou presque, une scène devant attendre l'automne ! Et le jeudi 28 août 2008, à la maison de la montagne d'Ailefroide, à 18 heures 30, nous buvions tous l'apéritif de l'amitié pour marquer la fin du tournage.

Toutes les scènes ont été tournées au pays des Ecrins, sans moyens techniques sophistiqués, et surtout pas de moyens motorisés comme l'hélicoptère en altitude. Nous avons simplement tenté d'utiliser l'énergie du vent pour tourner en aérien sur le plateau sommital du Pelvoux, mais le thermique na pas voulu, le planeur et son pilote Jean Marc Serça bloquant systématiquement 50 à 100 metres sous l'altitude fatidique, malgré des tentatives répétées dont Sylvain Kerboua mandaté à la prise d'images aériennes se souvient encore ! Chaque scène a été tournée en lieu et heure à laquelle le scénario le demandais : pas de studio, pas d'arrangement de lumière. Seule la tempête au sommet du Pelvoux a été tournée ailleurs, au Pays des Ecrins, en Novembre, et la traversée du Glacier du Clot de l'Homme sur un autre glacier du Pays des Ecrins puisqu'il a reculé de nos jours.

Pour ce qui est de la technique, nous avons utilisé une "grue" d'ampleur modeste (4 metres environ), un steadycam, un pied, un rail de travelling. En montagne, le pied seul, tout le matériel étant porté à dos d'hommes (et de femmes).

Le point d'orgue a été le tournage sur le Pelvoux. Le scénario demandait un coucher de soleil au sommet du Pelvoux, mais le risque était immense que des cumulus de soirée perturbent nos plans. Nous avons donc échaffaudé un scénario bis, avec des acteurs qui bivouaquent prés du sommet et y vont au lever du soleil : il fallait donc que toute l'équipe bivouaque au sommet. Nous avions un jour (jeudi) pour tourner en vetements modernes jusqu'au milieu des rochers rouges, un jour (vendredi) en vetements 1828 jusqu'au sommet, avec les séquences du sommet en moderne et 1828 dans l'aprés midi jusqu'à 20 heures (coucher du soleil), et joker le lendemain matin (samedi). Or la prévision météo n'était pas extraordinaire pour la nuit du vendredi au samedi, et le samedi. Le bivouac tombait à l'eau, il fallait boucler le vendredi. Pression énorme. Les images du film vous apporteront le dénouement.

Le tournage d'août s'est terminé au Pas la Rosse et aux cabanes de Provence, journée encore trés dense, qui finit tard vers minuit, avec la tension qui tombe et le petit vin rouge de Tresbaudon qui coule à flôts. La descente a été très, très périlleuse !

Le tournage a été un défi pour la sécurité également, et nos trois guides alloués pour veiller sur tout le monde, Francis Elichabe, Frédéric Jullien et Jean Luc Figuier, ont fait un travail remarquable, sans utiliser la corde bleue (clin d'oeil interne). L'ambiance de ce tournage se résume en quelques mots : enthousiasme, optimisme, sourires, bonne humeur, implication de tous, émotions, émotions. Et grosse, énorme tension nerveuse pour Guillaume.

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